Théâtre de l'AGORA

AGORA : Place publique, lieu où se font des rencontres, où naissent des débats

Presse

Le théâtre s'invite dans les villages

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L'histoire n'aurait sans doute pas déplu à Georges Feydeau, dont la pièce Léonie est la vedette de la nouvelle édition du Théâtre à la ferme. En effet, quoi de plus beau pour un auteur populaire comme Feydeau que d'être joué là où peu d'artistes ne vont, là où habituellement le choix culturel n'est pas très large faute de structures et de nombre suffisant d'habitants.
L'idée du théâtre à la ferme est née dans l'esprit de Jean-Pierre Drouin il y a plus de vingt ans. Nous sommes en 1988 et à l'époque le metteur en scène et comédien vient de s'installer avec sa troupe à Escardes, un petit village du sud-ouest marnais. Cela faisait déjà quinze ans qu'ils œuvraient à Paris avec toujours la même mission : pratiquer un théâtre populaire dans le sens où l'entendait Jean Vilar. Leur installation dans le sud-ouest marnais s'inscrit dans cette logique et leur permet d'aller à la rencontre du véritable public populaire, loin du parisianisme ambiant. C'est alors que germe l'idée du Théâtre à la ferme.
Labiche, Marivaux, Molière
« L'intérêt du Théâtre à la ferme réside dans le fait qu'une commune, si retirée qu'elle soit, peut voir arriver un jour une troupe de comédiens, et voir transformer la place du village, ou la cour d'une ferme, ou même un hangar, en un lieu théâtral avec tout ce que cela comporte de magie… », expliquent les responsables de l'Agora. « Pour un soir, les habitants de cette commune et ceux des alentours délaisseront leur poste de télévision pour venir voir les comédiens « en vrai ». Un des buts du projet est que la soirée qu'ils auront passée reste dans leur mémoire, comme une soirée conviviale et enrichissante. Ainsi, au fil des années, le Théâtre deviendra une partie intégrante de leur vie. Seule la qualité d'un spectacle professionnel, adapté à un public « vierge de théâtre » peut nous donner cet espoir. »
Créée en 1988, cette opération a pris une forme plus structurée en 1995 (d'où le fait que l'on ne parle que de sa 17e édition en 2011 alors que l'opération existe depuis plus longtemps). « À partir de cette date, en effet, grâce à la construction du Chariot théâtre, nous avons eu la possibilité d'organiser les tournées « de A à Z », et de présenter, suivant les années, entre 8 et 13 représentations d'un même spectacle. » C'est ainsi que les habitants du sud-ouest marnais ont vu le théâtre venir à eux avec des pièces d'auteurs aussi divers que Labiche, Molière, Marivaux, Offenbach sans oublier les propres créations de Jean-Pierre Drouin et de son équipe.
Cette année, c'est donc Georges Feydeau qui est à l'honneur avec une adaptation de « Léonie est en avance ou le mal joli ».
La première était programmée hier soir à 21 heures à Escardes et une dernière le 2 septembre dans « la grande ville », à Sézanne. L'histoire est celle d'une jeune femme, Léonie, qui après huit mois de mariage est enceinte sans que personne comprenne vraiment comment cela soit possible, l'intéressé et son mari les premiers. S'en suit une pièce ou la future mère se transforme en une sorte de tyran domestique, à qui tout est permis le temps de la gestation. Et elle ne s'en prive pas ! Si ce n'est pas la pièce la plus connue de Feydeau, « Léonie est en avance ou le mal joli » rentre sans conteste parmi les plus rythmées et drôles. A découvrir sans modération.
G. A.-T.
La saison 2011 du Théâtre à la ferme prévoit quinze représentations durant tout l'été. La première était programmée hier soir à Escardes, « fief » de la troupe du Théâtre de l'Agora. Suivront des représentations, toujours à 21 heures à Montgenost (1er juillet), Bergères-sous-Montmirail (2 juillet), Esternay (8 juillet), La Forestière (9 juillet), Joiselle (22 juillet), Corrobert (23 juillet), Gaye (29 juillet), La Chapelle- Lasson (6 août), Courgivaux (14 août), Broussy-le-Petit (19 août), Lachy (20 août), Champguyon (26 août), Vauchamps (27 août) et Sézanne (2 septembre). Prix des places : 13 euros pour les adultes, 6 euros pour les enfants de 12 à 16 ans, gratuit en dessous de 12 ans. Renseignements et réservation au 03.26.80.41.15.

Publié dans le journal L'Union le dimanche 26 juin 2011